Lil :
homonyme de "l'île",
terre entourée d'eau, propice aux utopies,
comme en témoignent à la fois l'Odyssée
et L'île Eon, livre inexistant et restant à écrire.
Esuria : du latin esurio : avoir faim.
De
toute sa faim, Lil Esuria essaya désespérément
de naître un 7 octobre, jour du décès
d'Edgar Allan Poe, mais ce fut en vain. L'écriture
se présenta rapidement à elle comme la
plus grande des nécessités, puisque Le
Meurtre des nuages fut écrit en grande partie
lorsqu'elle avait quinze ans. Aujourd'hui âgée
de vingt et un ans, elle poursuit des études
de Lettres modernes à l'Université de
Nancy 2, espérant qu'on saura lui pardonner
d'avoir eu faim, et donc d'aimer lire et écrire.
D'influences, elle en admet de nombreuses : Lovecraft
l'a empêchée de dormir; Gide, Camus et
Duras aussi, mais seulement parce que ces derniers
lui ont fait peur. Admiratrice des auteurs du début
du siècle et donc de ceux qui les ont précédés,
elle aime aussi la peinture, la musique, le cinéma,
Salvador Dali et David Lynch pour leur talent d'écrivains.
Il y a eu aussi la mer et le vent dans les arbres,
peut-être plus. Et la ménagère
de plus de cinquante ans qui tape son tapis contre
le mur le dimanche matin. Tout ce qui vit et fait
vivre, tout ce qui touche.
Il
faut être affamé pour exister sur une île
et dévorer des yeux l'immensité bleue
de l'océan à longueur de temps. Il faut
l'être plus encore lorsque l'on vit cette expérience
en Lorraine, région infiniment terrestre et,
rappelons le, rassasiée par force potées
(nourritures matérielles bien consistantes).
Avec cet héritage, on ne lui en voudra pas d'avoir
choisir l'écriture plutôt que l'Ennui
mortel et la mort ennuyeuse, car écrire au
fond, ce n'est rien d'autre que cela, rien d'autre
que Tout.
Nous
rajouterons simplement que Lil livre avec Le
Meurtre des nuages un premier roman poignant,
servi
par une écriture
prenante, viscérale et travaillée. Un
roman noir à découvrir absolument !